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Monfils reste à quai.

Sauf blessure ou revirement stratégique, Gaël Monfils ne célébrera donc pas sa première sélection en Coupe Davis ce week-end en République tchèque. Appelé à deux reprises déjà dans le groupe France en 2005, le récent finaliste du tournoi d'Acapulco se contentera une nouvelle fois du rôle de 5e homme. Un choix du capitaine qui profite à Gilles Simon, aligné comme Jo-Wilfried Tsonga en simple tandis que Richard Gasquet et Michaël Llodra joueront le double.

"J'ai besoin de ces cinq joueurs et, honnêtement, j'aimerais pouvoir compter sur chacun d'entre eux." Hier encore, Guy Forget ne semblait toujours pas résigné à se passer des services de l'une de ses cinq têtes d'affiche, lui qui avait martelé quelques jours plus tôt dans l'enceinte de Roland-Garros que tous évoluaient à peu près au même niveau ces derniers temps. Répétant par ailleurs à l'envi que la Coupe Davis devait être l'affaire de tous - un message manifestement bien assimilé par Michaël Llodra ("La Coupe Davis ne se gagne pas à quatre, mais à cinq, voire plus !") - le capitaine des Bleus a pourtant dû faire un choix, ce jeudi, avant le tirage au sort du premier tour de la compétition.

Appelé à peser le pour (l'expérience, la forme du moment...) et le contre (l'état de fraîcheur notamment), Forget a finalement tranché en faveur de Jo-Wilfried Tsonga et Gilles Simon pour ce qui est des simples, Richard Gasquet et Michaël Llodra pour le double. Une décision relativement prévisible dans la mesure où Gaël Monfils, certes tout récent n°9 mondial, semblait avoir accumulé les longueurs de retard sur ses coéquipiers en s'exilant au Mexique, la semaine passée, pour prendre part au tournoi d'Acapulco. Cet engagement pour le moins curieux imposait en effet deux défis au Parisien, en particulier en cas de bon parcours latino-américain: la récupération du décalage horaire et la réadaptation à un revêtement dur, après huit jours de terre battue. Et comme l'intéressé a poussé le vice jusqu'à la finale...

Tsonga et Simon, les inévitables

Aussi Gaël Monfils paraissait lui-même s'attendre au verdict de son capitaine: "Si je ne joue pas, je participerai d'une façon différente, avait-il notamment anticipé mercredi. Je supporterai l'équipe et je serai à 300% derrière elle. Il n'y aura pas de déception." Un fair play motivé il est vrai par la cohérence de la sélection de Guy Forget. Auteur d'un début de saison particulièrement enthousiasmant, ponctué de deux titres à Johannesburg et Marseille, Jo-Wilfried Tsonga, n°11 mondial et vainqueur de son premier et unique match de Coupe Davis l'an dernier en Roumanie, faisait figure d'incontournable pour affronter la République tchèque de Radek Stepanek et Tomas Berdych ce week-end. Certes un tantinet moins en vue en ce premier trimestre 2009, mais tout de même quart de finaliste à l'Open d'Australie et convaincant demi-finaliste à Dubai récemment, Gilles Simon le semblait tout autant.

Premier Français à l'ATP (n°8), le Niçois ne devait de fait pas souffrir de son inexpérience dans la compétition. En particulier face à un Richard Gasquet qui, bien que crédité d'un historique de dix rencontres en Coupe Davis (5 victoires pour 5 défaites), a perdu depuis longtemps déjà le statut de n°1 tricolore qu'il charriait tel un fardeau la saison passée encore et ne pouvait en définitive prétendre aux simples, du haut de son 24e rang mondial. Soulagé de son propre aveu par l'émergence de nouveaux talents nationaux à ses côtés, le Biterrois ne se faisait ainsi que peu d'illusions quant à ses chances de rivaliser avec Tsonga ou Simon: "Je suis conscient que j'ai largement moins de chances de jouer en simple qu'avant, mais quel que soit mon rôle, je donnerai mon maximum."

Associé en double à Michaël Llodra, Richard Gasquet n'a du reste pas tout perdu. Là encore, si Guy Forget aurait pu être tenté par un tandem Gasquet-Tsonga qui a déjà fait ses preuves sur le circuit par le passé, la sélection du doyen de l'équipe de France répond à une certaine logique. De loin le plus expérimenté des Bleus à Ostrava, Llodra affiche un bilan de 10 succès pour 4 revers en double et a démontré à l'Open 13 notamment (finaliste face à Tsonga) qu'il restait l'homme des débuts de saison réussis. "A part peut-être à l'époque des Mousquetaires, on n'a jamais eu dans l'histoire du tennis français une équipe aussi forte sur le papier", se félicitait dernièrement Guy Forget à l'annonce de sa liste tchèque. Privé de sacre collectif depuis 2001, la France semble en effet plus que jamais en mesure de soulever son dixième saladier d'argent. Gageons que la République tchèque, sur son terrain, constituera un bon révélateur ce week-end...

 

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